Arrestations lors de la manifestation du 24 mars à Québec

Catégories : Communiqués, Droit de manifester


Usage disproportionné et abusif de la force et mépris du droit de manifester

Québec, le 25 mars 2015 – Suite à l’intervention policière lors de la manifestation d’hier soir, la LDL-Qc tient à exprimer ses vives inquiétudes face à l’utilisation d’une répression qui semble de loin exagérée. En effet, les manifestant(e)s ont simplement refusé de dévoiler leur itinéraire, cela par principe, dans un contexte où le règlement en question est vivement dénoncé. Selon les témoignages, les manifestants étaient très calmes et ne représentaient aucune menace à l’ordre public.  Si l’objectif de la police était hier de maintenir la paix et l’ordre, elle aura manqué à son devoir de façon magistrale.

Rappelons que la LDL-Qc dénonce avec plusieurs autres organisations l’article 19.2 du Règlement sur la paix et le bon ordre qui impose d’informer le SPVQ de « de l’heure et du lieu ou de l’itinéraire de la manifestation » (http://manifesteraquebec.org). Ce règlement, tout comme son équivalent montréalais (P-6), impose des contraintes excessives et par surcroit inutiles au droit de manifester. En effet, rien ne montre que le dévoilement d’un itinéraire permettrait de prévenir les méfaits lors des manifestations. Les méfaits sont de toute façon déjà encadrés par le Code criminel. Selon nous, le règlement permet surtout d’octroyer une marge discrétionnaire au service de police qui peut s’en servir de façon sélective contre des causes jugées moins légitimes.

Dans le cas présent, s’il y a eu méfait, c’est bel et bien de la part des policiers qui ont utilisé une force complètement disproportionnée face à la « menace » qu’ils devaient contenir. En effet, en plus des encerclements et des souricières menant à des arrestations de masse, des témoins ont rapporté l’utilisation de chiens afin d’attaquer au moins une personne mordue au bras et d’assauts extrêmement agressifs qui auraient blessé certaines personnes. Des enquêtes devraient être menées pour éclaircir ces situations inacceptables, même envers des personnes contrevenant à un règlement.

La LDL-Qc fait appel au Service de police de la Ville de Québec pour qu’il fasse preuve de retenue et de respect envers les manifestants quelle que soit leur cause et au maire Régis Labeaume pour qu’il envoie un message clair à l’effet que la liberté d’expression et le droit de manifester sont protégés par les chartes et doivent être respectés dans la Ville de Québec.