30 octobre 2025, Québec – La Ligue des droits et libertés – Section de Québec et l’Observatoire des profilages ont dévoilé hier le premier rapport de recherche portant sur le profilage racial à Québec. Plus de 70 personnes ont participé à l’activité de lancement qui s’est tenue au Monastère des Augustines.
L’auteur de la recherche, Maxim Fortin, a ouvert la soirée en présentant les résultats de sa recherche, qui révèlent l’existence de pratiques discriminatoires et racistes au sein du Service de police de la ville de Québec.
Par la suite, trois intervenant·es ont pu apporter leur éclairage sur la situation :
- Gabrielle Prince-Guérard, doctorante et autrice d’un mémoire de maîtrise sur le profilage racial à Vanier;
- Charles Ndungutse, qui a témoigné de ses propres expériences;
- Anne-Valérie Lemieux-Breton, de la campagne «Pour le droit à l’espace public sans discrimination».
Les constats du rapport
Le rapport de recherche conclut à l’existence de pratiques discriminatoires à l’encontre des personnes racisées par les agent·es du service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Il met en lumière, à travers une analyse qualitative de données et de témoignages :
- La fréquence élevée des interpellations et interceptions vécues par les personnes racisées (certaines personnes qui ont participé à la recherche ont été interpellées plus de 20 fois, souvent sans motif réel);
- L’attitude hostile qui caractérise les interventions des agent·es de police à leur égard (questions intrusives injustifiées, comportements irrespectueux);
- Le recours fréquent à la détention à des fins de contrôle et l’utilisation de la force et de sanctions injustifiées;
- Les impacts de ces pratiques discriminatoires sur les personnes qui en font les frais, notamment une perte de confiance envers les institutions, un sentiment d’injustice et des stratégies d’évitement de la police.
Selon Maxim Fortin, auteur du rapport de recherche et politologue, « les résultats obtenus dans cette étude révèlent l’existence de pratiques discriminatoires et racistes au sein du SPVQ et que ces pratiques relèvent du profilage racial. Ils révèlent que le SPVQ expose les personnes racisées à un traitement différentiel, à des privations de droits et à différentes formes de brutalité policière.»
La LDL-Qc enjoint la prochaine administration de la ville à intervenir sur le profilage racial
Pour la Ligue des droits et libertés – Section de Québec, il est grand temps que cette problématique soit prise au sérieux et reconnue comme une atteinte aux droits de la personne. La coordonnatrice de l’organisme, Josyanne Proteau, salue l’arrivée de ce rapport qui permet de faire la lumière sur ce phénomène.
« Le profilage racial est une forme de discrimination qui contrevient directement au droit à l’égalité, lequel est un droit fondamental reconnu par les chartes Québécoise et Canadienne des droits de la personne. Les pouvoirs municipaux ont une responsabilité claire de protéger les droits des citoyen·ne·s. Il n’y a donc aucune excuse à ce stade pour que la Ville continue de fermer les yeux sur ce problème » affirme-t-elle.
Une première étape pour la Ville serait de tenir une enquête statistique indépendante sur le profilage racial, comme les villes de Montréal et de Repentigny l’ont déjà fait.
Citations des panélistes
« Ça fait des années que des organismes interviennent sur cet enjeu. On documente les interventions policières, on reçoit des témoignages, on interpelle encore et toujours la Ville de Québec qui continue de nier le profilage racial, social et politique exercé par son service de police. Les données issues de cette recherche viennent confirmer qu’il y a urgence d’agir. L’administration municipale doit reconnaître le profilage racial pratiqué par son service de police et y mettre fin. Banaliser et nier le racisme systémique, ça suffit ! » lance Anne-Valérie Lemieux-Breton, porte-parole de la campagne Pour le droit à l’espace public sans discrimination.
« Ce qu’il faut se rappeler, c’est que le profilage racial se fait de façon systémique. Il existe dans toutes les sphères de la vie des personnes qui le subissent (emploi, école, espaces publics, etc.). Celui pratiqué par la police est préoccupant vu le pouvoir qui lui est octroyé et le profilage ne peut pas être réduit à une question de pratiques individuelles, c’est toute l’institution qui est à questionner », explique Gabrielle Prince-Guérard, autrice d’un mémoire de maîtrise portant sur le profilage racial et social dans la ville de Québec.
Pour consulter le rapport de recherche : https://liguedesdroitsqc.org/rapport-profilage-racial-quebec-2025/
Contact :
Pour entrevues et informations, contacter Josyanne Proteau, Coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés – Section de Québec : 581-984-4506

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